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Le naufrage de Robinson séquence écriture

Voyage au centre de la Terre, Jules Verne, 1864

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Il faut l’avouer, les choses jusqu’ici se passaient bien, et j’aurais eu mauvaise grâce à me plaindre. Si la moyenne des « difficultés » ne s’accroissait pas, nous ne pouvions manquer d’atteindre notre but. Et quelle gloire alors ! J’en étais arrivé à faire ces raisonnements à la Lidenbrock. Sérieusement. Cela tenait-il au milieu étrange dans lequel je vivais ? Peut-être.

Pendant quelques jours, des pentes plus rapides, quelques-unes même d’une effrayante verticalité, nous engagèrent profondément dans le massif interne ; par certaines journées, on gagnait une lieue et demie à deux lieues vers le centre. Descentes périlleuses, pendant lesquelles l’adresse de Hans et son merveilleux sang-froid nous furent très utiles. Cet impassible Islandais se dévouait avec un incompréhensible sans-façon, et, grâce à lui, plus d’un mauvais pas fut franchi dont nous ne serions pas sortis seuls.

Par exemple, son mutisme s’augmentait de jour en jour. Je crois même qu’il nous gagnait. Les objets extérieurs ont une action réelle sur le cerveau. Qui s’enferme entre quatre murs finit par perdre la faculté d’associer les idées et les mots. Que de prisonniers cellulaires devenus imbéciles, sinon fous, par le défaut d’exercice des facultés pensantes.

Pendant les deux semaines qui suivirent notre dernière conversation, il ne se produisit aucun incident digne d’être rapporté. Je ne retrouve dans ma mémoire, et pour cause, qu’un seul événement d’une extrême gravité. Il m’eût été difficile d’en oublier le moindre détail.

Le 7 août, nos descentes successives nous avaient amenés à une profondeur de trente lieues ; c’est-à-dire qu’il y avait sur notre tête trente lieues de rocs, d’océan, de continents et de villes. Nous devions être alors à deux cents lieues de l’Islande.

Ce jour-là le tunnel suivait un plan peu incliné.

Je marchais en avant ; mon oncle portait l’un des deux appareils de Ruhmkorff, et moi l’autre. J’examinais les couches de granit.

Tout à coup, en me retournant, je m’aperçus que j’étais seul.

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L’Odysée, Homère 

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Et le divin Ulysse, joyeux, déploya ses voiles au vent. S’étant assis à la barre, il gouvernait habilement, sans que le sommeil ferme ses paupières. Pendant dix-sept jours, il fit route sur la mer, et, le dix-huitième, apparurent les monts boisés de la terre des Phéaciens. Cette terre était proche. Elle lui apparaissait comme un bouclier sur la mer sombre.

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Moby Dick, Herman Melville, 1851  

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– Je me détourne du soleil. Ohé,Tashtego, fais-moi entendre ton marteau. Oh ! vous mes trois mâts invincibles… toi, contre-quille intacte… coque par Dieu seul intimidée… toi, ferme pont, barre fière, proue pointée vers le Pôle… navire à la mort glorieuse, devras-tu périr sans moi ? Suis-je frustré de la dernière satisfaction d’orgueil du plus misérable des capitaines ? Oh ! solitaire mort après une vie solitaire ! Oh ! je sens à présent que mon extrême grandeur est dans ma douleur extrême. Oh ! accourez des plus lointains rivages pour gonfler, ô vagues intrépides de toute ma vie passée, cette lame unique de ma mort qui va déferler ! Vers toi je roule, baleine destructrice qui ne récolte que le néant, je suis aux prises avec toi jusqu’au dernier instant, du cœur de l’enfer je te frappe, au nom de la haine je crache contre toi mon dernier souffle. Sombrez tous cercueils, tous corbillards dans la mare commune puisque nuls ne peuvent être miens, que je sois déchiqueté et lié à toi en te chassant, baleine maudite ! C’est ainsi que je rends les armes ! 

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La Vie tranquille, Marguerite Duras, 1944

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Un soir, j’ai été près de la mer. J’ai voulu qu’elle me touche de son écume. Je me suis étendue à quelques pas. Elle n’est pas arrivée tout de suite. C’était l’heure de la marée. Tout d’abord, elle n’a pas pris garde à ce qui se tenait couché là, sur la plage. Puis je l’ai vue, ingénument, s’en étonner, jusqu’à me renifler. Enfin, elle a glissé son doigt froid entre mes cheveux.Je suis entrée dans la mer jusqu’à l’endroit où la vague éclate.

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